L’individu et la communauté

 

    "Mais pourquoi diable, allez-vous certainement demander, l’homme doit-il à tort et à travers atteindre une plus haute conscience ? » Avec cette question vous touchez le centre du problème et la réponse ne m’est pas aisée. » Jung. L'âme et la vie

 

De nombreux penseurs du 20e siècle inspirés notamment par les avancées des sciences concernées par l’évolution de l’être humain (psychologie, philosophie, tradition, art) semblent aller dans le sens du postulat que tous maux, obstacles, difficultés, stagnations, dans la vie individuelle comme dans la sphère collective sont le résultat d’un manque de Conscience. Nombreux s’accordent à dire que tout changement avant de se traduire dans la société devra concerner l’individu.

 

« Ce que font les nations, écrit Jung dans un article intitulé L’individu et la communauté, chaque individu le fait aussi. Seules des modifications dans l’attitude profonde des individus peuvent être à l’origine de changements dans la psychologie de la nation, (…) Nous sommes dans ce que notre vie a de plus privé et de plus subjectif non seulement les victimes mais aussi les artisans de notre temps. Notre temps : c’est nous»

 

« The revolution should take place in the mind», affirmait J. Krishnamurti

 

« Le changement dans la société est d’importance secondaire, lorsque l’individu changera dans sa psyché, le monde changera. »

 

Suivant cette mouvance et développant cette pensée selon sa propre voie, Alejandro Jodorowski parle de guérison à travers l’art.  « Un art qui ne guérit pas n’est pas vrai »,  dit-il. Il évoque la notion  d’acte poétique et théâtral, comme instrument alchimique et et processus de transformation dans lequel l'être se libère du masque social pour rejoindre sa nature véritable, ce qu'il qualifie d'être essentiel .

 

Grotowsky parlait lui d’acte total, de se donner comme on se donne en amour.

Julian Beck envisageait l'art comme lieu où peut passer "la révélation", "l'actressor comme créator, faisant un bruit de vie".

"L'acteur vit dans un rituel, dit Kristan Lupa. Il est un magicien."

Si nous n’envisageons pas l’art scénique comme un monde à part, et les acteurs comme des professionnels mais comme des êtres créateurs éclairés, nous n’envisageons plus alors le travail de création scénique ou performatie comme lieu de formation de prototypes isolés faits pour s’insérer dans des schémas sclérosés, mais comme des représentants vivants de parcelles d’humanité engagés sur un chemin de connaissance, d'expression et de transmission à travers un langage symbolique à la puissance cathartique et régénératrice.

 

Chaque individu, porteur d’une histoire singulière, est dans cette perspective porteur également d’un projet unique à accomplir dans son temps de vie. Dans l’oscillation entre l’originalité de son moi individuel envisagé à la fois comme passé et comme potentialité à venir, il modèle à travers son expression artistique la conscience de l’être du futur.

 

Le théâtre comme connaissance de l’être

Nous pensons que se connaître soi-même est l’aventure la plus belle qui vaille d’être tentée. "Le but de la vie est l'amour et accéder à la connaissance de soi." Le recherche à travers la création  scénique et performative se révèle être un outil privilégié pour cela.

Un artiste créateur conscient

L’être artiste est celui qui avance sur un chemin de connaissance en créant dans le présent d’une vie où l’art n’est pas séparé du vivant, mais où il en est l’expression. Conscience de soi, de son potentiel, de son but, de sa destination, de son passé, de son fardeau, de ses limites, le but est de travailler à développer sa propre conscience, dans le don, l’ouverture et le partage.

 

Oser la vérité

Dans un temps où mensonge et violence ordinaire gèrent nos vies, l’art ne doit pas tergiverser sur son potentiel de vérité. Alors que les décennies récentes se sont acharnées à annihiler la puissance d’action de mots vecteurs de vie (amour, espoir, vérité, beauté, divinité, sacré…), l’art d’aujourd’hui doit s’assumer pleinement comme lieu non perverti par la consommation et les logiques économiques et politiques d’anéantissement et d’abrutissement imposés par le règne d’un pouvoir soumis à la finance. En tant que créateurs nous nous proposons d’œuvrer comme les protagonistes d’une œuvre vivante et mouvante, axée sur la vie intérieure de l’être, qui s’offrant dans la vérité de sa personne, est un miroir du trésor de la vie.

 

La vie libérée

Nous pensons que le développement de la conscience individuelle, est un chemin vers une augmentation de la conscience collective, et que l’artiste de part sa volonté qui le pousse à se défaire du conflit à travers l’acte de création, peut assumer un rôle de vecteur. Nous croyons à l’artiste créateur qui à travers des efforts tenaces, continus, intenses, ouvre des voies de libération.

 

Une voie positive à travers l’art

Nous souhaitons nous engager dans une voie positive à travers l’art, qui se répercute sur la vie qui n’est pas séparée de l’art. Nous pensons qu’il s’agit d’un processus qui enjoint à mourir à soi-même et à renaître, transfiguré, sans se définir d’après des schémas ou des cadres catégorisants, mais comme puissance créatrice où les barrières s’estompent entre l’individuel et l’universel, le privé et le social, l’intime et le collectif, l’humain et le divin.

 

Acte authentique et mouvement de libération

Nous pensons que tout geste artistique authentique naît d’un désir profond de libération, et que tout acte aussi insignifiant qu’il paraisse influe sur la totalité du monde.

 

La joie sans objet

Le temps du sacrifice est à dépasser car il entretient le paradoxe de l’artiste, agent de libération et en même temps prisonnier du point de vue de sa réalisation. Nous croyons que la lutte devra se transformer dans un mouvement d’évidence ininterrompue, vecteur d’ouverture et de joie.

 

 

 

 

OSER

LA VÉRITÉ

   "On est las de la spécialisation scientifique et de l’intellectualisme rationaliste. On veut entendre parler d’une vérité qui ne rétrécit pas mais élargit, qui n’obscurcit pas mais éclaire, qui ne glisse pas sur  l’être comme de l’eau mais le saisit et le pénètre jusqu’aux moelles».

C.G Jung, L'âme et la vie

 

 

 

 

 

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